Mobilité urbaine 2026 : marchandises, bus, sanitaire… et une filière qui se donne rendez-vous à Rennes en juin 2026
Décideurs mobilité urbaine sur EUROMOVE à Rennes
En 2026, la mobilité urbaine en France se pilote de moins en moins “par mode” et de plus en plus par usages.

Livrer. Déplacer. Conduire vers les soins.

Les trois filières routières – TRM (marchandises), TRV (voyageurs) et TRS (sanitaire) – partagent la même réalité d’exploitation en zone dense, mais s’appuient sur des modèles économiques et des chaînes de décision très différents.

Le cadre se resserre, notamment via les ZFE-m.
Au 1er janvier 2025, 25 zones à faibles émissions mobilité étaient actives en France. Parmi les 43 agglomérations métropolitaines de plus de 150 000 habitants, Paris et Lyon sont les deux seuls “territoires ZFE” au sens du calendrier réglementaire liés à des dépassements réguliers ; la plupart des autres sont des “territoires de vigilance”.


Cette réalité pousse villes, opérateurs et fournisseurs de solutions à objectiver ce qui fonctionne, à quelle échelle et à quel coût. C’est aussi ce qui explique pourquoi, du 2 au 4 juin 2026, à Rennes, les décideurs publics et privés se retrouveront sur EUROMOVE, avec une lecture résolument “terrain” des mobilités urbaines.

Un socle commun : parc roulant massif, contrainte carbone, règles d’accès

Au 1er janvier 2025, la France comptait 6,5 millions de VUL, 621 500 poids lourds et environ 95 000 autobus et autocars en circulation. Sur le climat, les transports intérieurs représentent 126,8 MtCO2e en 2023. Les voitures particulières restent majoritaires (53 %), mais les flottes professionnelles pèsent fortement (poids lourds 22 % ; VUL 15 %).

Dans la ville, une contrainte transversale s’impose : l’arrêt. Livraison, montée/descente, prise en charge patient, attente devant un plateau technique : quelques minutes d’immobilisation suffisent à désorganiser une tournée, une ligne ou une garde. Les politiques de bordure (aires, contrôle, règles d’usage) deviennent un levier aussi structurant que la motorisation.

ZFE-m : un cadre 2025 plus normatif, mais très hétérogène selon les territoires

Les règles d’accès, les calendriers, les dérogations et les horaires diffèrent d’une métropole à l’autre. En exploitation, cela oblige à piloter finement les accès, les fenêtres horaires et le renouvellement de flotte, sans modèle unique. Pour les décideurs, l’enjeu est de distinguer ce qui est réellement déployable de ce qui reste expérimental.

TRM : de l’enjeu “dernier kilomètre” à l’enjeu “organisation des flux”

Une demande toujours tirée par le colis

Le volume de colis continue de tirer les flux urbains. En 2024, 1,7 milliard de colis ont été distribués en France ou exportés, et le marché est reparti à la hausse. En centre-ville, cela se traduit par des tournées plus fragmentées et une pression accrue sur les aires de livraison.

Un impact urbain désormais documenté

L’ADEME rappelle que la logistique urbaine pèse environ 25 % des émissions de GES des transports en ville et environ un tiers des polluants atmosphériques. Elle occupe aussi une part significative de la voirie. Ces ordres de grandeur expliquent la montée de politiques locales plus structurées : chartes, régulation de l’accès, mutualisation, hubs.

Des flottes encore très diesel, donc exposées aux restrictions

Le parc de VUL reste très majoritairement diesel (92,4 %) et plus de la moitié relève de Crit’Air 2. Les utilisateurs sont à 51,7 % des professionnels. En ville, une large part de la livraison du quotidien dépend encore d’un véhicule diesel, alors même que les règles d’accès se multiplient.

Évolutions métier : moins de “camion”, plus de “système”

En 2026, la performance urbaine se joue de plus en plus sur l’ingénierie d’exploitation : planification dynamique, gestion des fenêtres horaires, consolidation, micro-dépôts, hybridation des schémas quand la cyclologistique est pertinente, et pilotage par la donnée. Les ateliers intègrent davantage le multi-énergies et la sécurité électrique.

Énergie : où recharge-t-on, et quand ?

Au 30 septembre 2025, la France totalisait 179 876 points de recharge ouverts au public. Cela vient progressivement soutenir les usages, mais ne règle pas la recharge dépôt ni la recharge “entre deux tournées”, qui conditionnent généralement la bascule opérationnelle en ville.

TRV : retour de la demande et électrification sous contrainte d’exploitation

Fréquentation en reprise, équation économique sous tension

Sur les réseaux urbains (hors Île-de-France), la reprise se confirme. En année glissante (juillet 2024 → juin 2025), l’UTPF observe une production kilométrique en hausse (+1,3 %), un trafic en nette progression (+11,6 %) et des recettes en hausse (+4,9 %). Cette dynamique positive ne couvre pas mécaniquement la hausse des coûts ni les investissements de transition.

Un secteur qui fonctionne comme un service industriel

Exploitation, maintenance, sûreté, information voyageurs, infrastructure : le transport public urbain repose sur une chaîne complète. Pour 2023, l’UTPF indique 5,6 milliards de voyages, une offre de 1,4 milliard de kilomètres et 28 535 véhicules déployés sur les réseaux.

Une trajectoire européenne qui accélère la bascule des bus

La révision des standards CO2 pour les véhicules lourds fixe, pour les nouveaux autobus urbains, une cible intermédiaire de 90 % de “zéro émission” d’ici 2030 et 100 % d’ici 2035. Pour les autorités organisatrices et opérateurs, cela implique d’investir en parallèle dans les véhicules, les dépôts, la puissance électrique et la formation, tout en garantissant la continuité de service.

Métiers : exploitation temps réel, maintenance et énergie

La ville tire des besoins concrets : conducteurs, régulation, responsables d’exploitation, maintenance électromécanique et haute tension, gestionnaires d’infrastructures de dépôt, sûreté/sécurité. La compétence multimodalité progresse aussi, à mesure que les réseaux renforcent l’intermodalité et l’information voyageurs.

TRS : dépense sous surveillance et réorganisation du “parcours patient” en zone dense

Une dépense encadrée, des volumes qui reculent

La DREES chiffre la consommation de transports sanitaires de ville à 6,9 milliards d’euros en 2024. La hausse est modérée (+2,3 %). Le volume recule (-1,3 %) et la hausse est portée par les prix (+3,6 %).

Une structure dominée par les taxis conventionnés

En 2024, les taxis conventionnés représentent 49 % des dépenses, les ambulances 31 % et les VSL 16 %. Cette répartition pèse sur l’organisation urbaine, car une grande partie des trajets assis se concentre autour des plateaux techniques et des soins programmés.

2025 : un virage explicite vers le transport partagé

À partir de mars 2025, des mesures visent à développer le transport sanitaire partagé. Les patients qui refusent un transport partagé sans contre-indication médicale n’ont plus accès au tiers payant. Cela modifie la relation usager, la planification et les taux de remplissage.

Un pilotage majoritairement Assurance maladie

En 2024, la Sécurité sociale finance 93,2 % de la dépense, et le reste à charge des ménages est estimé à 2,8 %. La DREES chiffre aussi les contrats et indemnités à 646 M€ en 2024, majoritairement liés à la permanence ambulancière. L’Assurance maladie indique qu’en 2024, 6,5 millions de patients ont bénéficié d’un transport remboursé, pour un montant d’environ 6,7 milliards d’euros.

Métiers : régulation, planification, conformité

En zone urbaine, la valeur monte sur l’organisation : régulation, planification, optimisation des trajets, connaissance du système de soins local et relation prescripteurs. Les métiers de terrain restent centraux, mais les fonctions support (facturation, conformité, outils numériques, qualité) prennent davantage de poids.

Mobilité urbaine : villes, opérateurs, start-ups… rendez-vous à Rennes en juin 2026

Comparer des solutions “éprouvées sur le terrain”, pas des promesses

Dans les trois filières, les arbitrages se font à vitesse réelle : continuité de service, maîtrise des coûts, conformité, qualité d’usage. Les décideurs attendent des retours d’expérience comparables, des trajectoires d’investissement crédibles et des solutions compatibles avec les contraintes de bordure, d’énergie et d’exploitation.

EUROMOVE : un point de rencontre transversal

Du 2 au 4 juin 2026, EUROMOVE réunit à Rennes collectivités, opérateurs, industriels et fournisseurs de solutions autour d’une lecture terrain des mobilités urbaines. Pour les acteurs B2G/B2B, l’enjeu est de présenter des solutions réellement déployables et de dialoguer directement avec les décideurs publics et privés qui structurent les marchés urbains.

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