Pourquoi les chargeurs et les logisticiens font de plus en plus le pari des salons B2B ?
Rencontre professionnelle sur un salon dédié au transport routier, trois experts échangent autour d’une table avec ordinateurs ouverts, au cœur d’un espace d’exposition où l’on aperçoit camions et stands des exposants.

Pourquoi les chargeurs et les logisticiens font de plus en plus le pari des salons B2B ?

Pour les professionnels du transport routier de marchandises, de voyageurs et du transport sanitaire, participer à un salon B2B n’a rien d’anodin. Les budgets sont surveillés, les déplacements comptés et chaque journée hors exploitation doit être justifiée. Pourtant, les rendez-vous consacrés au transport et à la logistique attirent de plus en plus de chargeurs et de logisticiens, y compris dans des formats très ciblés. En amont d’Euromove 2026, la question se pose clairement : qu’est-ce qui pousse ces décideurs à miser davantage sur les salons professionnels, en France et en Europe ?

Enjeux actuels du secteur : des décisions de plus en plus complexes à arbitrer

Le transport routier évolue dans un environnement où chaque choix engage fortement l’entreprise. Côté chargeurs, il faut composer simultanément avec la hausse des coûts, la pression des clients finaux, les objectifs de décarbonation et un cadre réglementaire plus exigeant. Choisir un schéma de transport ou un partenaire logistique ne se résume plus à comparer quelques tarifs, mais à arbitrer entre modes, énergies, trajectoires carbone, niveaux de service et risques opérationnels.

Les transporteurs routiers et les logisticiens sont, eux aussi, soumis à une succession de décisions lourdes. Ils doivent adapter leurs dépôts et leurs entrepôts, renouveler leurs matériels et intégrer de nouveaux outils numériques. Ils organisent les flux en tenant compte des zones à faibles émissions et doivent répondre aux attentes des territoires en matière de nuisances et de desserte, tout en faisant face à une pénurie persistante de main-d’œuvre qualifiée. Dans ce contexte, multiplier les rendez-vous isolés avec des fournisseurs ne suffit plus. Les directions transport et supply chain ont besoin de voir l’écosystème au sens large, de confronter leurs choix à d’autres pratiques et de tester la maturité réelle des solutions.

Cette montée en complexité explique en partie le retour en force des salons professionnels. Ils concentrent, en quelques jours, ce qui sinon, s’étalerait sur des mois de réunions éparses. Pour un chargeur ou un logisticien, venir sur un salon B2B bien construit n’est plus un simple “plus”, mais une manière pragmatique de rattraper du temps de réflexion, de veille et de comparaison. Les études menées par la filière événementielle montrent d’ailleurs que le média salon reste l’un des plus efficaces en B2B, à condition de préparer les rencontres et d’en assurer le suivi.

Exemples concrets et chiffres-clés : un rebond historique et des résultats mieux qualifiés

Après l’arrêt brutal lié à la crise sanitaire, le paysage des salons professionnels a connu un véritable rebond. En quelques années, les grands rendez-vous européens organisés à Paris, Marseille, Lyon, Hanovre, Munich ou Stuttgart ont retrouvé, puis dépassé, leurs niveaux de fréquentation d’avant 2020. Là où certains observateurs s’attendaient à une substitution durable par le digital, la fréquentation physique est repartie à la hausse, portée par le besoin de se revoir, de tester les matériels in situ et de confronter les stratégies.

Les ordres de grandeur restent significatifs. Les grands salons généralistes organisés à Paris, Hanovre, Lyon ou Munich rassemblent désormais, selon les éditions, entre vingt et soixante mille visiteurs professionnels et plusieurs centaines d’exposants. Au-delà des chiffres, c’est l’usage qui a changé : les salons ne sont plus seulement jugés sur le volume de visiteurs, mais sur la qualité des contacts et la capacité à faire avancer des dossiers.

Dans les éditions récentes, un même phénomène se retrouve dans plusieurs villes : la montée en puissance des rendez-vous programmés. À Paris comme à Marseille, les organisateurs annoncent plusieurs milliers d’entretiens planifiés en amont. Pour les chargeurs et logisticiens, ces chiffres traduisent une réalité très simple : le salon accueille moins de visites “au hasard” et davantage de rencontres préparées, alignées sur des projets de transport, d’optimisation logistique ou de transition énergétique. Autrement dit, le rebond post-Covid n’est pas seulement quantitatif, il est aussi qualitatif.

Zoom sur une tendance : des salons conçus comme des outils de décision

Si les chargeurs et les logisticiens font davantage le pari des salons B2B, c’est aussi parce que ces événements ont beaucoup évolué dans leur conception. La généralisation des rendez-vous programmés en est le premier marqueur. Grâce aux plateformes de mise en relation, un décideur peut décrire ses enjeux, préciser ses projets, puis construire un agenda ciblé de rencontres avec des prestataires, des fournisseurs de solutions ou des partenaires institutionnels. Le salon devient une campagne de sourcing condensée, structurée autour des besoins du moment.

Les espaces de networking connaissent la même mutation. Ils ne sont plus de simples zones de convivialité, mais de véritables lieux de travail. On y organise des ateliers en petit comité, des rendez-vous institutionnels et des rencontres entre collectivités, chargeurs et opérateurs de transport. Ces formats servent à traiter des sujets très concrets. Il peut s’agir de renégociation de contrats, de coopérations territoriales, de projets de décarbonation ou encore de l’organisation des flux de fret et de voyageurs sur un même bassin de vie. Pour les directions transport et supply chain, ces espaces constituent un environnement plus propice aux échanges stratégiques que le bord d’un stand ou un rendez-vous en visioconférence.

Les contenus éditoriaux se sont, eux aussi, professionnalisés. Les programmes de conférences ne se limitent plus à quelques prises de parole institutionnelles. Ils intègrent des retours d’expérience détaillés, des analyses d’impact réglementaire, des exemples de report modal, des éclairages sur la logistique hospitalière ou sur l’articulation entre flux de marchandises et mobilités du quotidien. Les thématiques RSE et RH y prennent une place croissante : sobriété de la supply chain, santé au travail, attractivité des métiers. Les salons deviennent ainsi des lieux où l’on vient chercher des réponses, mais aussi des partenaires pour structurer ces démarches dans la durée.

Pourquoi être présent à Euromove 2026 quand on est chargeur ou transporteur ?

Euromove 2026 fait le choix de réunir, sur un même rendez-vous, le transport routier de marchandises, le transport de voyageurs et le transport sanitaire. Pour un professionnel de la filière, cette transversalité est déterminante : elle permet d’aborder, dans un même cadre, les flux de marchandises, les déplacements de personnes et le transport des patients avec les mêmes territoires, les mêmes gestionnaires d’infrastructures et les mêmes décideurs publics.

Être présent à Euromove, que ce soit comme exposant, visiteur décideur ou intervenant, consiste à utiliser le salon comme un temps de travail structuré. L’objectif n’est pas seulement de “tenir un stand”, mais de participer à des échanges, de présenter ses projets, de confronter ses choix et de préparer des décisions avec des interlocuteurs difficiles à réunir en dehors de ce type d’événement.

Euromove est également un point de passage pour comparer matériels et solutions de services. Sur un même site, un professionnel peut observer des véhicules et carrossages, des solutions énergétiques, des équipements d’atelier, des infrastructures de recharge, ainsi que des outils numériques de pilotage. Les démonstrations et les retours d’expérience permettent d’évaluer, de manière concrète, la pertinence de ces offres au regard des contraintes opérationnelles.

L’événement reprend enfin les codes des salons orientés résultats : rendez-vous programmés, espaces de networking thématisés, programme de conférences construit avec les acteurs de terrain. Pour un professionnel de la filière, l’enjeu est de transformer ces dispositifs en leviers utiles, en préparant ses rencontres, en ciblant les sujets à instruire et en testant, sur place, les grandes lignes de sa trajectoire de transformation.

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Le rendez-vous des professionnels du transport routier marchandises, voyageurs et sanitaire.
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